Les formes actuelles de diffusion musicale

Les avancées technologiques ont des applications dans une multitude de domaines, tels que le développement de produits édités (type Cd-rom), l’apparition d’un nouveau mode de diffusion numérique de la radio hertzienne (le DAB), la diffusion numérique par le câble ou le satellite, ou encore le développement de réseaux électroniques. Il faut alors revenir sur les facteurs qui ont permis l’apparition de ces innovations.

Les percées techniques

Comme toute technique de diffusion d’informations, la technique numérique doit faire face à deux problèmes majeurs, à savoir le stockage et la transmission des informations. En adoptant un langage informatique, ces deux problèmes renvoient à des considérations de capacité de mémoire et de débit. En ce qui concerne la capacité de stockage, des progrès constants sont effectués et le Cd-rom en est une parfaite illustration. Quant à la diffusion, la compression numérique n’a cessé d’évoluer et permet aujourd’hui la réduction de la taille de l’information sans perte de qualité.

En effet, la compression audio ou vidéo permet d’éliminer une très grande partie de l’information à transmettre, sans que quiconque puisse s’en apercevoir. Ainsi, par exemple, la norme Musicam permet de diviser par au moins 50 le débit nécessaire au transport du son haute fidélité. La compression apporte aussi la possibilité de moduler la qualité du signal émis : on peut en effet pousser toujours plus loin la compression, mais la baisse de qualité sera peu à peu perceptible. Sur un canal à débit donné, il y aura donc toujours un arbitrage à faire entre qualité et quantité. A ce jour, la technique de compression n’est pas encore arrivée au maximum de ses possibilités : des progrès sont encore à attendre prochainement.

La compression ne règle cependant pas tous les problèmes de diffusion. La taille de l’information est réduite, mais il faut toujours la transmettre, si possible avec une vitesse satisfaisante. Il faut alors noter deux avancées technologiques : d’une part, l’évolution des supports de transmission avec l’installation progressive de fibre optique ; d’autre part, la baisse sensible du coût du matériel électronique.

Ces percées techniques ont permis d’énormes progrès dans la diffusion de signaux numériques sur divers supports : les supports physiques, les ondes hertziennes, le câble et le satellite, et les liaisons de télécommunications. Le numérique permettant de coder aussi bien l’image que le son ou le texte, l’intégration ou le développement du multimédia dans ces canaux est naturelle.

Les produits édités

Aujourd’hui, les produits édités multimédias sont essentiellement de deux types : les Cd-rom et les Cd-I. Tous deux offrent des possibilités d’interactivité importantes. Le principal facteur de changement est l’évolution des fonctionnalités du disque compact, support de base des produits numériques édités. Sa capacité de stockage s’améliore constamment, ce qui permet d’éditer des produits toujours plus riches en contenu et au potentiel d’interactivité plus grand. Aujourd’hui, le DVD-Rom améliore simultanément les trois caractéristiques du disque compact : qualité de l’image, richesse du son et durée de l’enregistrement. On peut supposer sans trop prendre de risques qu’un standard réenregistrable s’imposera dans les prochaines années : il pourrait alors balayer tous les supports analogiques tout en servant de support au développement des applications interactives du type des actuels CD-I, CD-Rom et DVD-Rom. De même, son faible coût et sa capacité de stockage le destinent à remplacer les actuelles disquettes informatiques.

Produire un Cd-Rom coûte très cher : environ 6 millions de francs minimum pour un produit de qualité, et il est à craindre que les nouveaux titres soient de plus en plus coûteux à réaliser. L’association producteur-concepteur de programmes s’est largement répandue : ce serait une cause, avec les problèmes de distribution que connaît le secteur, de la morosité actuelle du marché. Les milliers de titres ne faisant l’objet de tels partenariats sont en effet pénalisés. En fait, le Cd-Rom connaît par certains côtés des problèmes similaires à ceux du disque audio, quelques titres faisant la majorité des ventes et les autres ayant du mal à trouver des possibilités d’exposition. L’extraordinaire problème de gestion des droits que pose la diffusion sur un même support d’images, de musique et de texte apparaît également comme un frein puissant à l’activité de production de Cd-Rom.

Les Cd-Rom d’essence principalement musicale sont encore peu nombreux, et concernent majoritairement les grandes « stars » internationales telles que Prince, David Bowie ou encore Bob Dylan. Apparemment, l’heure dans les grandes firmes discographiques n’est visiblement plus aux projets multimédias musicaux tous azimuts. A l’inverse, les difficultés du marché incitent les producteurs phonographiques à se centrer sur leurs activités de base. La plupart des Cd-Rom musicaux sont plus conçus comme une encyclopédie numérique (textes de chanson, photos, clips, musique) que comme un produit permettant une réelle interactivité. C’est peut-être alors dans la conception d’un réel produit Cd-Rom que se situe la chance des indépendants : sans chercher à investir des sommes énormes pour obtenir une qualité de pointe, les indépendants du disque peuvent imaginer le développement d’une conception nouvelle de production utilisant au maximum les possibilités du Cd-Rom. Pour l’instant, la majorité des professionnels du disque considère le Cd-Rom comme le générateur d’un événement médiatique, et donc comme un support de promotion, plus que comme une réelle activité de production.

Les multiprogrammes

La technique numérique permet de modifier profondément les conditions de diffusion de la radio hertzienne, et de diffuser des programmes de radio et de télévision numériques par câble ou par satellite.

  -   le Digital Audio Broadcasting (DAB): la technique de transmission DAB permet la diffusion sur les ondes hertziennes de programmes de radio numérique, avec une qualité de son très proche de celle du Cd. Elle a l’avantage de permettre la diffusion d’un programme au niveau national sur une même fréquence, tout en transmettant du texte et des images fixes en plus de la bande son. La qualité presque parfaite du son pose d’ailleurs des soucis aux producteurs phonographiques, qui craignent une extension de la copie privée à partir de la radio. Ce problème de la copie privée ou de la piraterie est soulevé à partir de toutes les technique de diffusion numérique. L’inconvénient majeur du DAB reste cependant son incompatibilité avec la technique de diffusion radio actuelle.

    - La diffusion par câble ou par satellite : elle va considérablement faire baisser les coûts en comparaison avec la technique analogique. La multiplication du nombre de canaux, associée à cette baisse des coûts, va permettre le développement de chaînes thématiques aussi bien en télévision qu’en radio. Parmi les chaînes numériques, on peut ainsi citer Multiradio, qui propose une dizaine de programmes radio classés par thème, ou bien Music Choice Europe qui diffuse simultanément 50 canaux musicaux.

Les produits en ligne

Ils constituent à ce jour l’application la plus spectaculaire de la technique numérique car, plus que les autres produits, les produits en ligne pourraient modifier radicalement nos habitudes de consommation.

On entend généralement par « en ligne » les produits en réseau que l’utilisateur contrôle à partir d’un micro-ordinateur. En fait, c’est davantage une forte interactivité qui caractérise le on line. Aujourd’hui, le principal représentant de ce nouveau mode de communication est bien sur Internet. Les principes du « music on demand » rentrent directement dans la classification « en ligne ». Les opérateurs du câble et du satellite mettent à la disposition du consommateur une base de données d’œuvres : ce dernier peut choisir une œuvre à tout instant et demander sa diffusion. Cette demande de l’utilisateur vers l’opérateur se fait à travers les réseaux de télécommunications, par le biais d’un micro-ordinateur. Bien entendu, le principe de la « consommation sur demande » est directement applicable sur Internet, sans passer par le câble ou le satellite. La musique sur Internet, très présente à travers de nombreuses pages Web de fans de tel ou tel artiste, est relativement lente à se développer au niveau professionnel, essentiellement en raison des nombreux problèmes juridiques et pratiques encore irrésolus.