Devant l’ampleur de la révolution technologique en cours, il s’agit d’évoquer quelques pistes d’amélioration susceptibles de permettre d’optimiser la participation de l'industrie du disque à cette révolution.
Le principal frein à une utilisation confortable des réseaux électroniques est lié au débit et à la capacité de mémoire. Aujourd'hui, transférer un fichier son par Internet peut être une opération très longue : on est encore loin de l’interactivité en temps réel. De plus, les réseaux en ligne sont victimes de leur succès et sont souvent proches de la saturation aux heures de pointe. La question du débit est donc essentielle. L’amélioration du réseau physique par l’installation de fibre optique commence aujourd'hui à permettre d’arriver à des débits très satisfaisants. Mais ce procédé coûte cher et il faut admettre la possibilité d’un remplacement très lent des supports. Le débit peut bien heureusement être amélioré par d’autres voies : les progrès sont ainsi constants dans les systèmes de transmission par exemple. On peut alors évoquer en France l’utilisation du réseau rapide Numéris de France Télécom, adopté par certains fournisseurs d’accès comme MSN et Wanadoo. Quant à la mémoire, elle constitue un facteur de coût important dans la mise en place d’un serveur en ligne ou d’une base de données destinée à la diffusion par câble. Au niveau de l’utilisateur également, la capacité de mémoire des supports numériques est un facteur de confort, qui permettra l’enregistrement de données diffusées en ligne, pour peu que l’on ait résolu les problèmes de droit ou de paiement inhérents à ce type de transmission. Il faut enfin noter que la manière de concevoir l’utilisation des capacités de débit ou de mémoire évolue avec le temps et les possibilités techniques. On peut ainsi remarquer l’apparition du Network Computer qui élimine le besoin de mémoire pour le particulier, les informations étant stockées sur le réseau. La complémentarité entre Internet et le Cd-Rom est aussi une voie à explorer.
Tout le monde s’accorde alors à dire que les progrès réalisés dans les domaines de la mémoire et du débit sont constants et rapides. Le but est d’arriver à la diffusion du son, de l’image, de la vidéo et du texte en temps presque réel sur les réseaux électroniques. C’est sans doute là une condition nécessaire au développement de la musique en ligne en particulier.
Le développement de la diffusion numérique risque d’accentuer les phénomènes de copie privée et de piraterie, par un accès aux œuvres facilité et surtout par la possibilité d’obtenir une copie de qualité égale à celle de l’original. Ce problème de la copie numérique pourrait être résolu par l’utilisation de codes qui pourraient interdire de faire plus d’un certain nombre de copies d’un enregistrement. Mais cette méthode n’empêcherait sans doute pas la piraterie car le code disparaît lorsque l’on transcrit l’œuvre en analogique. Cependant, l’utilisation d’un tel code limiterait certainement les dégâts en empêchant une piraterie ou une prolifération de la copie privée de qualité parfaitement égale à celle de l’original. La diffusion de musique en ligne pose un autre type de problème : l’interception de l’information par une tierce personne qui n’aurait pas payé pour cette musique. Ce problème renvoie à celui de la confidentialité de la transmission de données ou de la sécurité des transactions, qui sont aujourd’hui un frein sérieux au développement du commerce en ligne. La solution semble tenir dans le cryptage des données, mais les techniques de cryptage performantes sont considérées par certaines législations comme des technologies militaires.
Les services commerciaux se font de plus en plus présents sur les réseaux. La transaction en ligne forme un atout important de ces réseaux et un enjeu capital pour les entreprises. Mais quel système de paiement utiliser ? En effet, un des points clés du développement des réseaux en ligne est le temps réel : nombre de produits peuvent être directement téléchargés ou même immédiatement consommés (écoute d’un disque par exemple). Il apparaît donc indispensable de mettre au point un système de paiement en temps réel. La faible sécurité de la transmission du numéro de carte bleue lors de la commande rebute de nombreux consommateurs. Aujourd’hui, plusieurs expériences sont tentées pour mettre au point une monnaie électronique, la « cybermonnaie ». Le principe généralement retenu est de crypter les informations relatives aux transactions financières.